Biography

Born in 1969, Isabelle Hayeur grew up in Quebec, in a small town on the North Shore of Montreal. At the time, this peripheral region was undergoing rapid development and the resulting transformation gave her a sense of losing her bearings, a feeling often associated with suburban life. This experience would prove decisive for her work as an artist, as she became increasingly interested in exploring feelings of alienation, uprootedness, and disenchantment. A later diagnosis of neurodivergence helped her to better understand her attraction to non-places, wastelands and marginality.

Isabelle Hayeur is known for her photographs and experimental videos, as well as public art commissions, site-specific installations, and artists’ books. Her work adopts a critical approach to the environment, urban development, and social conditions. Since the late 1990s, she has explored how modern societies modify and control their territories and cultures, with a particular concern for the transformation of places and communities in the neoliberal era. Hayeur’s images evoke profound ambivalence, reflecting our collective unease with the flaws of a dehumanized system, while deliberately blurring the boundaries between political engagement and poetic sensitivity to underscore the complex, often contradictory nature of our relationship with the world. Throughout the years, she has increasingly focused on themes of citizen resistance and dissent, prompting reflection on the growing rigidity of social control and public measures that infringe upon individual freedoms.

In recent years, she has been drawn to the American West, immersing herself in its vast landscapes for various projects. She is captivated by the unusual places and deserts of New Mexico, Arizona and California. After numerous visits, she has formed deep connections with these often overlooked landscapes and their communities. Alongside these explorations, she is developing a more intimate and tender aspect of her work centred on the enchantment of nature and her close, complicit relationship with the plant world. For Isabelle, it is important to take a stand — to expose, educate and denounce — while also allowing oneself to be moved and seduced by the enduring beauty that surrounds us.

Her work has been exhibited at the National Gallery of Canada, the Massachusetts Museum of Contemporary Art, the Neuer Berliner Kunstverein in Berlin, the Musée d’art contemporain de Montréal, the Canadian Cultural Centre in Paris, the Tampa Museum of Art, the Bruce Silverstein Gallery in New York, the Casino Luxembourg Forum d’art contemporain, the Today Art Museum in Beijing, and the Rencontres d’Arles. She has also participated in several international artist residencies, including the Rauschenberg Residency, the Sitka Center for Arts and Ecology, the Studios of Key West, the International Studio & Curatorial Program, A Studio in the Woods/Tulane University and the Bemis Center for Contemporary Arts.

FRANÇAIS

Née en 1969, Isabelle Hayeur a grandi au Québec, dans une petite ville de la Rive-Nord de Montréal. À l’époque, cette région périphérique est en plein développement et la transformation qui s’ensuit lui donne l’impression de perdre ses repères, une sensation qui accompagne souvent la vie en banlieue. Cette expérience s’avérera décisive pour son travail d’artiste, car elle s’intéressera de plus en plus à l’exploration des sentiments d’aliénation, de déracinement et de désenchantement. Le diagnostic de neurodivergence qu’elle recevra par la suite lui permettra de mieux comprendre son attirance pour les non-lieux, les no man’s lands et la marginalité.

Depuis la fin des années 1990, Isabelle Hayeur explore les territoires qu’elle traverse afin de comprendre comment les civilisations contemporaines les façonnent et les exploitent. Préoccupée par la transformation des lieux et des communautés dans le contexte néolibéral actuel, elle produit des images qui évoquent une profonde ambivalence, reflet de notre malaise collectif face aux dysfonctionnements d’un système déshumanisé. L’artiste brouille délibérément les frontières entre engagement politique et sensibilité poétique pour souligner la nature complexe et souvent contradictoire de notre relation au monde. Au fil des ans, elle s’est de plus en plus intéressée aux thèmes de la résistance citoyenne et de la dissidence, nous invitant à réfléchir à la rigidité croissante du contrôle social et aux mesures autoritaires qui empiètent sur les libertés individuelles.

Ces dernières années, elle s’est attachée à l’Ouest américain, s’immergeant dans ses vastes étendues pour divers projets. Elle est captivée par les lieux insolites et les déserts du Nouveau-Mexique, de l’Arizona et de la Californie. Après de nombreuses visites, elle a noué des liens avec ces paysages souvent négligés et leurs communautés. Parallèlement à ces explorations, elle développe un volet plus intime et tendre de son travail, centré sur l’enchantement de la nature et la relation complice qu’elle entretient avec le monde végétal. Pour Isabelle, il est essentiel de prendre position, d’exposer et de dénoncer, tout en se laissant émouvoir et séduire par la beauté qui nous entoure.

Ses œuvres ont été exposées à la National Gallery of Canada, au Massachusetts Museum of Contemporary Arts, au Neuer Berliner Kunstverein de Berlin, au Musée d’art contemporain de Montréal, au Centre culturel canadien de Paris, au Tampa Museum of Art, à la Bruce Silverstein Gallery de New York, au Casino Luxembourg Forum d’art contemporain, au Today Art Museum de Pékin et aux Rencontres internationales de la photographie à Arles. Elle a aussi fait plusieurs résidences d’artistes, notamment à la Rauschenberg Residency, au Sitka Center for Arts and Ecology, aux Studios of Key West, à l’International Studio & Curatorial Program, à A Studio in the Woods / Tulane University, au Bemis Center for Contemporary Arts, à la Wall House #2 Groninger Museum, entre autres.