Desert Shores

2015 – 2016

The Salton Sea is a vast saline lake located in an arid depression in southwestern California, 227 feet below sea level and on the San Andreas Fault. It was formed by a spillover from the Colorado River in the early 20th century. In the 1950s and 1960s, it was a popular tourist destination and paradise for fishing enthusiasts, with numerous hotels, marinas and yacht clubs lining its shores. Frequented by Hollywood celebrities such as Frank Sinatra, the Beach Boys and Jerry Lewis, it became known as the ‘California Riviera’ or the ‘Miracle in the Desert’, attracting stars seeking water sports and glamorous parties just a few hours from Los Angeles. The region experienced strong economic and demographic growth at this time, symbolising the idea that the American Dream was accessible to all.

However, by the 1970s, the lake’s water level began to drop and its salinity increased dramatically. The mirage gradually faded… No-man’s-lands and ghost towns took its place, with abandoned resorts and the skeletons of stranded yachts. The seaside resorts have been replaced by mobile home parks, where the poor, the marginalised and Mexican immigrants now live. Today, the Salton Sea is surrounded by a deserted and desolate landscape; the water is polluted by fertilisers and pesticides in the runoff; algal blooms are decimating the fish population. As the lake shrinks, toxic beaches are exposed, generating dust laden with contaminants and causing respiratory problems among residents. These growing health risks are a cause for concern among the authorities.

The unique landscapes of the Salton Sea region raise social, political and environmental questions. They are metaphors for disillusionment and disenchantment, reflecting a lost America — an era when everything seemed possible and accessible to all citizens. These unusual places are similar to other areas of extreme poverty found across the United States — a kind of Third World within America — where the most deprived people live, out of necessity, in the persistent shadow of a shattered California Dream. As the dark underside of the Hollywood dream, these places perfectly illustrate the collapse of a collective mirage.

FRANÇAIS

Salton Sea est un vaste lac salé situé sur la faille de San Andreas, dans une dépression aride du sud-ouest de la Californie, à 227 pieds sous le niveau de la mer. Il a été créé accidentellement lors d’un déversement de la rivière Colorado, au début du siècle dernier. Dans les années 50 et 60, ce fut un site touristique très prisé et un paradis pour les amateurs de pêche: ses berges comptaient de nombreux hôtels, marinas et clubs de yacht. Fréquenté par des célébrités d’Hollywood comme Frank Sinatra, les Beach Boys ou Jerry Lewis, il était surnommé la «Riviera californienne» ou le «Miracle du désert», attirant des stars en quête de loisirs nautiques et de fêtes glamour à seulement quelques heures de Los Angeles. La région connut alors une forte croissance économique et démographique, symbolisant le rêve américain accessible à tous.

Vers les années 70, on nota une baisse du niveau du lac et sa salinité augmenta dramatiquement. Le mirage s’estompa graduellement… No man’s lands et villes fantômes le remplacèrent, avec des stations balnéaires abandonnées et des squelettes de yachts échoués. Les stations balnéaires ont cédé la place aux parcs de maisons mobiles; les pauvres, les marginaux et les immigrants mexicains y logent.

Aujourd’hui, les alentours de Salton Sea sont désertés et désolés; l’eau y est polluée par des alluvions gorgées d’engrais et de pesticides; des efflorescences algales déciment les poissons. Le lac qui continue de rétrécir expose des plages toxiques générant des poussières chargées de contaminants, provoquant des problèmes respiratoires chez les habitants. Ces risques sanitaires croissants inquiètent les autorités.

Les paysages singuliers entourant la région de Salton Sea soulèvent certaines questions d’ordre social, politique et environnemental. Métaphores de la désillusion et du désenchantement, ils sont à l’image de cette Amérique perdue, d’une ère où tout semblait possible et accessible pour tous les citoyens. Ces lieux insolites sont semblables à ces autres zones de grande pauvreté que l’on retrouve à travers les États-Unis, une sorte de tiers monde de l’Amérique, où les plus démunis habitent, faute de mieux, dans l’ombre persistante d’un rêve californien brisé. Envers sombre du rêve hollywoodien, ils illustrent parfaitement l’effondrement d’un mirage collectif.