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ISABELLE HAYEUR : FIRE WITH FIRE The Montreal-based artist Isabelle Hayeur is interested in the tensions, battles and disappearances that mark our social and urban fabric. Her site-specific installation on Vancouver’s Hastings Street resonates with the history of the Downtown Eastside. It sends images flickering out through the windows of a four-storey building, connecting conditions in the neighbourhood today to its fiery past.
“Both fire and flood is memory. Its spark and breach so ordinary, we do not question it... The atom split. The little thing.” To spark: a memory, idea, debate or devastation. The beauty and violence of spectacle takes us back, and the future is built from its wreckage. It’s always a small thing: innocuous, innocent. Canadian Pacific Railway workers, clearing space for new growth, leveled a wooden city in less than an hour. After the summer inferno, the city’s population quadrupled before the year was out. Residential hotels in the downtown core make way for newcomers once more. At 112 West Hastings Street, a smoke signal speaks across distances of space and time, halting citizens in mid-step. Awe-struck bystanders gather in a circle, without beginning or end. This is nothing but a play of light, an illusory loop – but the Great Fire is still ablaze. The Olympic flame swept across the country, reminding us that fire is theft. A dazzling, sensational heist. ** « Le feu comme l'inondation, c’est de la mémoire. Son étincelle, son irruption si ordinaires que nous ne nous posons pas de questions… La fission de l’atome. La petite chose. » - Lynda Barry, What it is, Drawn and Quarterly, 2008. L’étincelle qui déclanche: un souvenir, une idée, un débat ou la dévastation. La beauté et la violence du spectacle nous ramènent en arrière et l’avenir naît des débris qu’il laisse dans son sillage. Il s’agit toujours d’une petite chose: inoffensive, innocente. Des travailleurs du Canadien Pacifique, voulant faire de la place pour davantage de croissance, ont rasé une ville en bois en moins d’une heure. Après le violent incendie de l’été, l’année n’était pas finie que la population de la ville avait quadruplé. Une fois de plus, les hôtels résidentiels au cœur du centre-ville font place aux nouveaux arrivants. Au 112, rue Hastings Ouest, un signal de fumée s’adresse à nous par-delà de grands écarts de temps et d’espace, si bien que les citoyens s’arrêtent sur place en pleine marche. Les spectateurs, frappés de terreur sacrée, forment un cercle, sans commencement ni fin. Ce n’est certes qu’un jeu de lumières, qu’une boucle illusoire – mais le Grand Incendie flambe toujours. La flamme olympique qui a traversé le pays nous rappelle que le feu est un vol. Un cambriolage éblouissant et sensationnel. **
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